Créer de l'espace pour le vivre-ensemble
Pour Joana Dickinson, l'hospitalité a toujours été bien plus qu'un métier. C'est un mode de vie. Joana a grandi dans une maison où la porte était toujours ouverte et où les invités faisaient partie intégrante du quotidien. C'est là qu'elle a appris dès son plus jeune âge que les espaces que nous créons façonnent la manière dont nous nous rencontrons. Aujourd'hui, elle vit à Berlin, où elle développe des lieux qui rassemblent les gens, organise des événements pop-up et lance Cruda, un magazine indépendant consacré à la gastronomie, aux sciences de l'alimentation et à la culture.
Pouvez-vous nous parler un peu de votre travail dans le secteur de l'hospitalité et de la façon dont il a influencé l'ambiance que vous créez chez vous ?
Je travaille au développement de concepts d'hospitalité, où je crée des lieux qui invitent les gens à se rencontrer et à être ensemble, souvent en réunissant les bonnes personnes et les bonnes marques.
Mais bien avant que cela ne devienne mon métier, cela faisait naturellement partie de la façon dont j'ai grandi. Ma mère ne laissait guère passer un jour sans inviter quelqu'un chez nous. L'accueil n'a donc jamais été quelque chose que j'ai appris dans le cadre de mon travail : c'est tout simplement la manière dont je conçois le bon fonctionnement d'une maison et d'un espace.
Le café, la nourriture et les bonnes conversations jouent un rôle central dans tout ce que vous faites. Pourquoi pensez-vous que se rassembler autour d'une table reste l'une des manières les plus puissantes de créer des liens ?
Parce qu'on n'attend pas forcément que la conversation porte sur quelque chose de précis. Quand on se retrouve autour d'une tasse de café ou d'un repas, il est rare que ce soit pour suivre un ordre du jour, et même quand c'est le cas, la rencontre devient plus personnelle. On est simplement ensemble, le temps qu'il faut pour finir son café. Certaines des meilleures conversations que j'ai eues, tant dans ma vie privée que professionnelle, sont nées parce que personne ne se pressait de quitter la table.
Penses-tu que les objets peuvent créer des liens entre les gens ? Y a-t-il des objets particuliers chez toi qui suscitent souvent la conversation ?
Tout à fait. Le bon objet donne aux gens une raison de rester un peu plus longtemps ensemble, plutôt que de simplement traverser une pièce.
Chez moi, ce sont souvent des objets qui ont une histoire, comme un souvenir de voyage ou une trouvaille un peu fortuite dans un marché aux puces, qui poussent un invité à demander : « Attends, pourquoi tu as ça ? » Ce sont souvent les petites questions qui amorcent les meilleures conversations.
“Certaines des meilleures conversations que j'ai eues, tant dans ma vie privée que professionnelle, sont nées parce que personne n'était pressé de quitter la table.”
La lumière contribue souvent à définir l'ambiance d'une pièce. Quel rôle joue l'éclairage lorsque vous recevez des invités, et comment votre VETRO-lampe contribue-t-elle à créer l'atmosphère souhaitée ?
J'ai suspendu ma VETRO-lampe au-dessus de l'îlot de cuisine, car, d'une manière ou d'une autre, les meilleures soirées commencent et se terminent toujours dans la cuisine. C'est simplement là que les gens se rassemblent naturellement. C'est pourquoi j'ai choisi de placer la lumière chaude précisément là. Elle crée une ambiance agréable dans la pièce et autour des personnes réunies, et transforme le fait de rester près de l'îlot, un verre de vin à la main, en l'endroit exact où la soirée doit se dérouler.
Qu'avez-vous envie d'explorer ensuite ?
En ce moment, j'explore plusieurs directions différentes. D'une part, je travaille au développement de nouveaux lieux physiques, notamment un projet de campus à Berlin appelé Flussbad. D'autre part, un projet personnel prend forme avec le lancement de Cruda, un magazine papier axé sur la gastronomie, la science de l'alimentation et la culture. Cela me permet d'explorer l'hospitalité sous un angle tout à fait différent de celui des espaces et des bâtiments physiques.
Produits sélectionnés
Photographie : Maike Grimm
Bela Mora Leal
